Table ronde des analystes : le vrai CA du cloud

Animée par Henry-Michel Rozenblum, délégué général d’EuroCloud France, cette table ronde réunissait Stéphanie Ortega, associée chez KPMG, département technologie, media & télécommunications, Olivier Rafal, senior consultant chez Pierre Audoin Consultants et Sylvie Chauvin, présidente de Markess International.


C’est Sylvie Chauvin qui a ouvert le bal en présentant son traditionnel « baromètre des prestataires du cloud computing », dont c’était la 8ème édition. L’étude a porté sur 130 prestataires, interrogés entre fin mars et avril 2014. Elle confirme que le marché français du cloud computing s’évalue à 4 100 M€ en 2014 (contre 2 200 M€ en 2012). En revanche, si la demande en cloud computing est toujours en croissance et devrait demeurer à deux chiffres d’ici 2016, on constate une légère contraction dans les grandes entreprises, les TPE et le secteur public. Cette baisse n’est pas considérable : on passerait de 44 % à 29 %. De la même façon, Markess constate un nombre d’entreprises clientes de solutions de cloud computing et un carnet de commandes en hausse modérée d’ici fin 2014, alors qu’il le qualifiait de « soutenue » en 2013.

Pour Olivier Rafal, « le marché du cloud en France devrait se situer pas très loin de 5 milliards d’ici la fin de l’année« . Une estimation plus forte que celle de Markess, donc. « À eux tout seuls les États-Unis génèrent plus de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires uniquement en cloud privé« , ajoute-t-il. Concernant la croissance, tant Olivier Rafal que Stéphanie Ortega confirment que la croissance du marché va rester à deux chiffres. « Il reste beaucoup de choses à faire encore en termes d’accompagnement et de simplification« , commente Olivier Rafal. Pour Sylvie Chauvin, « s’il y a contraction de la demande, il y aura aussi compétitivité accrue, ce qui est une bonne nouvelle pour les clients, et peut être aussi concentration des acteurs. »

Les intervenants à la table ronde des analystes
Les intervenants à la table ronde des analystes

« Les estimations varient car le périmètre est différent« , se justifie Sylvie Chauvin. « Une partie de la facturation d’acteurs comme Salesforce, par exemple, ne se fait pas en France et tout dépend si on inclut ou pas cette fraction dans l’étude« . S’agissant de cet acteur en particulier, qui vient encore d’annoncer une croissance arrogante alors qu’il continue à générer des pertes, Olivier Rafal explique la logique par de gros investissements en amont pour se créer un marché. « C’est ce que nous n’arrivons pas à faire en France avec nos start-up« . Stéphanie Ortega ajoute : « Salesforce a une croissance pérenne et continue. Et c’est ce qui compte sur ce marché. On ne peut pas en même temps augmenter la rentabilité : le marché du cloud reste tiré par les États-Unis, où l’on valorise les entreprises par le chiffre d’affaires« .

S’agissant du poids du SaaS dans le chiffre d’affaires global des éditeurs, les trois analystes présents s’accordent sur un chiffre tournant autour de 10 %, que ce soit en France ou dans le monde. « C’est donc un chiffre qui reste modeste, mais il tend à croître« , commente Stéphanie Ortega.

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