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Coup de gueule de Jules-Henri Gavetti, fondateur d’Ikoula

Le Retour vers le futur d’un véritable écosystème cloud français

par Jules-Henri Gavetti, fondateur d’Ikoula, fournisseur de cloud français depuis 1998

Il semblerait que ce soit la valse des actionnaires qui au final aura fait s’éteindre un des grands fantasmes de l’IT hexagonale : le cloud souverain, créé en ignorant sublimement les différents acteurs d’un marché prospère et innovant. Nous avions indiqué il y a plus de deux ans que le projet ne pouvait aboutir en l’état car il mettait en évidence un manque total de connaissance du marché.

Lorsque nous avons lancé notre cri du cœur au travers d’une tribune que nous avions intitulée « cloud gaulois » nous avions déjà fait quelques propositions issues de la logique opérationnelle et d’une volonté farouche de contribuer à l’innovation au sein d’un écosystème numérique qui ne demandait qu’à se développer. Il était déjà question de freins à l’expansion d’un cloud français : manque d’infrastructures en région, limitations de l’ouverture du réseau à l’ensemble des acteurs du cloud français ou encore absence de promotion des prestataires du cloud.

Nous avions fait des propositions concrètes pour une alternative nationale s’inscrivant dans le cadre du développement tant régional que national d’un numérique français que ne peut pas se passer du socle cloud et pour le moins d’hébergeurs locaux à la pointe. Nous parlions d’infrastructures à haute valeur ajoutée, d’un focus sur l’expérience utilisateur et nous rappelions que le cloud français existait déjà, qu’un groupe de sociétés avait déjà pris la voix de l’innovation, de l’implantation régionale et de la proposition de valeur pour leurs clients, matérialisant ainsi l’exception française en matière de cloud.

Je cite in extenso les propositions faites il y a maintenant deux ans et qui sont restées lettres mortes :

  • Fournir une cartographie référençant les réseaux existants disponibles (fourreaux et fibres) pour faciliter le partage d’infrastructures en région avec des règles claires. Exemple : l’utilisation des infrastructures (fourreaux et fibres) le long des routes nationales ;

  • Appliquer la neutralité des réseaux à tous les acteurs du cloud, avec des règles d’accès simples et des accords de peering négociés. Exemple : un fournisseur français de solutions cloud doit pouvoir accéder de façon privilégiée aux clients français d’un fournisseur d’accès ;

  • Publier un annuaire regroupant l’ensemble des acteurs français du cloud afin qu’ils soient identifiés, référencés sur un même support et connus du grand public ;

  • Créer un label de confiance pour permettre une meilleure promotion du savoir-faire « made in France » du cloud ;

  • Conserver la fiscalité en cours et ne pas rajouter de fiscalité numérique.

Ces propositions tiennent toujours car maintenant que CloudWatt est en voie de dilution, que va-t-il se passer ? Va-t-il y avoir enfin une place et de la considération pour les acteurs français déjà présents depuis longtemps ? Nous sommes à la disposition des politiques, avec les autres acteurs du numérique français, pour avancer enfin dans la voix de la raison…

Tous ces efforts et tous ces avis que nous partagions à l’époque avec d’autres acteurs et que nous partageons toujours démontrent que peut-être nous aurions pu être écoutés, que nous avons une connaissance évidente d’un marché que nous pratiquons depuis plus de 17 ans maintenant et que le numérique ne s’impose pas, il se construit avec les pionniers…

La Lettre du Cloud
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