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Quand le cloud descend dans la rue

Dans le cadre de la 1ère Cloud Week Paris, le Forum Atena a organisé un atelier de réflexion autour des villes intelligentes : une invitation à prendre de la hauteur et à voir plus loin.

Le Forum Atena est une association créée il y a 8 ans, «  à la convergence des NTIC, des entreprises et de l’enseignement supérieur ». Elle a mis en place des groupes de travail sur les sujets qu’elle estime majeurs, comme la sécurité, l’identité numérique ou les « smart cities », thème de la conférence du 8 juillet 2015.

Carlos Moreno, professeur des universités, conseiller scientifique du président de Cofely Ineo, filiale de Engie, et expert des villes intelligentes, a rappelé le poids de plus en plus important pris par les villes : « 10 % de la population mondiale vit dans les 35 plus grandes villes. En 2015, les 139 plus grandes villes européennes représentent 44 % du PIB de l’Europe. D’ici 2030, 750 grandes métropoles capteront 60 % du PIB mondial : le 21ème siècle sera assurément celui des villes ».

Ces mégapoles seront pourtant fragiles et devront faire face à de nouveaux risques, comme par exemple de nouvelles maladies, auparavant très rares et très localisées : « les villes-monde sont des systèmes organiques mus par le hasard et la nécessité », a assuré Carlos Moreno. Des projets pour repenser la ville en s’appuyant sur une vision à long terme ont été lancés à travers le monde : Yokohama, Montréal, Medellín ou Bristol sont autant de tentatives réussies, où « des cultures socio-territoriales spécifiques ont été développées ».

Mais Carlos Moreno, réfractaire au classement ou au concept de QI des villes, a prévenu : « ces modèles réussis ne pourront être imposés dans des contextes sociaux et territoriaux différents ». Pour Pascale Luciani-Boyer, conseillère municipale de St Maur des fFossés et spécialiste du numérique territorial, auteure de l’Elu(e) face au numérique, « après la mise en place d’une communication de l’État vers les citoyens (le « un pour tous ») puis la construction de canaux des citoyens vers les administrations (le « tous pour un »), les élus observent aujourd’hui une réappropriation par les citoyens, qui communiquent directement entre eux grâce aux nouvelles technologies (soit « le tous pour tous ») ». Ce nouveau rôle joué par le citoyen et qui replace les élus dans la construction d’une vision à long terme est la clé des futures villes intelligentes, selon Pascale Luciani-Boyer : « la ville intelligente est un ville augmentée par l’action, par l’implication des citoyens ».

Xavier Dalloz, consultant spécialisé en technologies de l’information, a abondé dans le même sens : « l’innovation est la rencontre des possibilités technologiques et des possibilités sociétales. L’appropriation par l’individu est la clé : la ville intelligente est le résultat de l’avènement du citoyen intelligent ». Carlos Moreno a tout de même posé la question de l’articulation de la socialisation digitale pour éviter le phénomène des « zombies geeks » : « l’hyper-ubiquité peut aussi nous projeter en dehors de la sphère sociale ».

Quelles technologies et pour quels usages ?

Pour Carlos Moreno, « la révolution du 21ème siècle sera différente de celle du 20ème, qui a vu naître Internet : elle passera par la massification, l’intelligence de proximité, la géolocalisation permanente. Nous rentrons dans l’ère ubiquitaire ». La ville de l’intelligence émotionnelle tirera profit des avancées dans les domaines des nanotechnologies, de l’informatique ubiquitaire, des biosystèmes et de la robotique cognitive. « Ces technologies devront permettre d’aller vers une ville polycentrique, une ville maillée, sortant du paradigme urbain des années 1950 », a conclu Carlos Moreno.

Xavier Dalloz a lui insisté sur la nécessité de « ne pas automatiser le passé et de réinventer la ville du futur. La ville va jouer au 21ème siècle le rôle de l’entreprise au 20ème. De la même manière que chaque client est un marché, chaque citoyen doit compter ». Grâce aux infrastructures « intelligentes » de réseaux communicants et durables, « briques de base d’une smart city », Xavier Dalloz a décrit comment « le marketing contextuel sera au cœur du projet des villes intelligentes : la sensorisation de notre environnement permettra d’anticiper les usages et les prestations de services seront à même de répondre aux attentes latentes ». Et pour ceux que ces perspectives angoissent, il a assuré que « cette traçabilité de tout sera couplée à une personnalisation anonymisée ».

Hervé Baconnet
Journaliste indépendant --- Médias radio et télédiffusés, enseignant formateur indépendant.
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