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Pistes de réflexion pour l’adoption du cloud par le secteur public

Par Laurent Curny, président de Verizon France et vice-président des ventes Europe du Sud, Russie, Afrique et Moyen-Orient

L’adoption du cloud est devenue un axe central des stratégies IT du secteur public. Pour les analystes de l’IDC, les dépenses mondiales du secteur public dans les services IT en mode cloud devraient passer de 56,6 milliards de dollars en 2014 à plus de 127 milliards de dollars en 2018.

Nombre de freins à l’adoption précoce du cloud computing par le secteur public ont été levés, y compris les préoccupations liées aux cycles budgétaires, aux achats et contrats, ainsi qu’à la sécurité. À présent, à tous les niveaux de l’État, les services développent volontiers des plans de migration vers le cloud et cherchent à identifier des applications préexistantes et nouvelles à déployer dans le cloud.

Dans ce contexte, plusieurs éléments de stratégie de migration vers le cloud méritent l’attention du secteur public :

  • Budgétisation, achat et contractualisation : l’achat de services cloud par les administrations suppose des actions de budgétisation, de gestion des achats et de négociation des contrats. Il faut obtenir les autorisations budgétaires nécessaires ; les processus d’achat doivent être adaptés pour passer de l’achat de produits à celui de solutions de bout en bout à la demande, et il faut ajouter les services cloud aux contrats existants ou en établir de nouveaux. En Europe, des États adoptent des accords-cadres de gestion des achats pour valider la liste des fournisseurs référencés avec lesquels le secteur public peut travailler, à l’image du marché conclu en juillet par le service des achats de l’État français. C’est un gain de temps et d’argent pour les deux parties comparé aux contrats d’achat individuels. Et acheteurs et fournisseurs doivent toujours signer un contrat exécutoire pour chaque prestation de service en vertu d’un accord-cadre.
  • Conformité et sécurité : réglementations et directives sont essentielles pour encadrer la prise de décisions relatives à la sécurité physique et logique d’installations, de systèmes et de données. La France a ainsi mis en place un référentiel général de sécurité, qui concerne les services électroniques mis à disposition par les autorités administratives. La stratégie nationale pour la sécurité du numérique, présentée on octobre 2015, met l’accent sur «  la disponibilité […] de produits et services numériques présentant des niveaux de confiance et de sécurité adaptés aux usages et aux cybermenaces. »
  • Considérations culturelles. Migrer vers le cloud ne se limite pas à l’achat de ressources réseau, IT et de cybersécurité. Cela suppose une évolution culturelle dans la façon dont les administrations achètent et gèrent les ressources IT. Cette évolution suppose que l’on privilégie l’éducation et la formation, et favorise les discussions entre représentants de l’État et de l’industrie sur les meilleures pratiques et les enseignements de leurs expériences.
  • Préparation des workloads. Le cloud ne se limite pas aux ressources réseau, à l’infrastructure IT et à la cybersécurité. Les applications d’entreprise et les workloads doivent être capables de fonctionner et pouvoir être supportées dans un environnement cloud. Dans de nombreux cas, les données et les applications préexistantes sont utilisables dans le cloud. Dans les autres cas, il faut réécrire les applications ou les remplacer par des versions adaptées. Cette tâche d’adaptation des workloads est en cours et va se poursuivre pour de nombreuses administrations. L’adoption de solutions de gestion du cycle de vie des applications IT peut notamment aider dans l’évaluation de des applications, et permettre de décider quand et comment migrer les applications stratégiques dans le cloud.

Les principaux avantages des solutions cloud ne sont plus contestés : agilité, évolutivité, quantification des ressources, réaffectation de dépenses d’investissement en dépenses opérationnelles et recentrage de l’attention des entreprises et des États sur leurs compétences centrales.

Mais migrer dans le cloud n’est pas en soi un succès. Celui-ci se mesurera en appréciant les avantages économiques et l’impact sur l’utilisateur, bénéficiaire de meilleures conditions de collaboration et de gestion de l’information à l’échelle de tout un écosystème. Les administrations que l’on considérera dans les prochaines années comme des pionnières sont celles qui ont une véritable stratégie cloud, incluant évaluation des pratiques et volonté forte de produire de meilleurs résultats.

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