Enseignement supérieur et numérique : connectez-vous ! (Institut Montaigne)

L’Institut Montaigne est un laboratoire indépendant d’idées regroupant aussi bien des chefs d’entreprise que des hauts fonctionnaires, des universitaires ou encore des représentants de la société civile issus des horizons et des expériences les plus variés.

Depuis sa création, l’Institut Montaigne accorde une importance particulière à l’éducation. Dans un monde où le capital humain est désormais la matière première, ce sujet devient central. En particulier dans le contexte socio-économique actuel où la performance des nations dans les décennies qui viennent sera largement dépendante de leur capacité à mettre en œuvre une stratégie numérique ambitieuse, grâce à un capital humain formé en conséquence. En effet, les institutions d’enseignement supérieur devront adapter leurs modèles afin de tirer parti des potentialités du numérique, pour accroître la qualité de leurs modèles pédagogiques, l’insertion professionnelle des étudiants et celle des apprenants tout au long de la vie. Loin d’être condamnée par l’entrée dans la révolution numérique, l’université a tout à y gagner.

Du fait, des évolutions rapides de notre économie et l’affirmation du numérique, l’accès à l’enseignement supérieur ne constitue plus une garantie d’accès à l’emploi. Entre gisement d’emplois nouveaux ou destruction d’emplois anciens : la « troisième révolution industrielle » (Iconomie ou industrie 4.0) devrait, d’ici à 2020, créer 2 millions d’emplois et en détruire 7,1 millions dans le monde selon les estimations du World Economic Forum. La Commission européenne nous apprend que 800 000 profils pourraient manquer dans le domaine du numérique d’ici 2020. C’est à dire demain. Si nous avions disposé à temps de ces compétences, il est probable que la croissance européenne aurait connu des niveaux jamais observés depuis des décennies.

Il est important de souligner que nous assisterons surtout à une transformation de la nature du travail et de ses modalités, qu’illustrent le développement du travail indépendant, la désintermédiation, portée par des plateformes numériques comme Uber, Airbnb ou TripAdvisor, mais aussi l’informatisation croissante de l’appareil de production industrielle.

L’enjeu est donc de structurer les fondamentaux de l’Europe de demain. Et il est urgent d’imaginer un modèle qui soit façonné par l’esprit du siècle, un système d’enseignement qui valorise la créativité individuelle et le travail collectif, la pensée de rupture, le goût de l’expérimentation mais aussi qui facilite les parcours pluridisciplinaires. Ce sont donc de « têtes bien faites » que nous avons besoin, de diplômés qui « ont appris à apprendre » et qui seront prêts à compléter leur formation tout au long de leur cursus professionnel. Il faudra être capable d’allier compétences à « penser » et compétences à « consommer » les systèmes numériques.

L’enjeu est ambitieux mais il est à notre portée.

Lire le rapport de l’institut Montaigne

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