Et si enfin, on se bougeait ?

Michel Rathier

Depuis bientôt une année, le contexte économique mondial est en nette amélioration, les principaux indicateurs macro-économiques, notamment en Europe sont en train de passer au vert, les idées foisonnent pour innover, les entreprises ont conscience de la nécessité de se transformer, elles se battent pour conquérir de nouveaux marchés … bref, en France comme ailleurs – ça bouge enfin !

Pour autant, la transformation numérique des PME/ETI françaises marque encore le pas.

Beaucoup de chefs d’entreprises continuent de penser que la transformation digitale n’est pas un enjeu majeur pour eux. Selon l’enquête publiée en décembre 2017 par BPI France , « La transformation digitale n’est pas une priorité des dirigeants de PME et ETI : 87 % d’entre eux n’en font pas une priorité stratégique pour leur entreprise ». Parmi ceux-ci une large majorité est clairement réticente à se transformer, tandis que les plus convaincus sont freinés par les coûts financiers et le manque de compétences nécessaires à cette évolution. Sur près de 2000 entreprises, seulement 10% d’entre elles, sont déjà engagées dans la transformation numérique et commencent à faire bouger les lignes de leurs organisations.

Accélération de la demande, compétitivité accrue, création de nouveaux marchés, développement à l’international, commerce en ligne … autant de facteurs qui devraient accélérer la transformation digitale des PME. Cependant, il semble que le fantastique travail d’accompagnement réalisé depuis des années par les acteurs du marché : associations professionnelles, sociétés de conseil, éditeurs, opérateurs, hébergeurs … n’est pas réellement portés ses fruits.

Les entreprises se positionnent encore en mode « réactif » par rapport à leur transformation digitale et ont toujours du mal à utiliser cet immense potentiel comme un vrai levier de croissance. Un peu comme si elles devaient accomplir une tâche nécessaire sans en mesurer les réels enjeux. A ce titre l’exemple du RGPD est significatif, une large majorité des entreprises considèrent cette nouvelle réglementation comme une contrainte supplémentaire, sans penser un seul instant que cela pourrait être l’occasion d’améliorer la sécurité de leurs organisations, de valoriser leurs savoir-faire et ainsi de renforcer la confiance de leurs clients.

Mais pourquoi une telle frilosité ? Tout d’abord, au-delà de la mise en place de nouvelles technologies, l’enjeu principal est bien de faire évoluer en profondeur la culture de l’entreprise. Le projet est ambitieux : mutualiser les compétences entre les différentes directions afin que chacune d’elles s’approprie la transformation numérique de la société, impliquer et former les équipes opérationnelles… le challenge n’est pas simple, mais le dirigeant dispose de tous les outils d’accompagnement nécessaire (formations, portails mutualisés, applications dédiées…)

Il y a encore peu, les objets connectés (IoT) tenait plus du concept novateur pour des marchés très verticalisés, le sport, la santé… C’est aujourd’hui un marché potentiel beaucoup plus large (plus de 36 milliards d’objets connectés en 2030), tiré notamment par les applications industrielles.

Ce qui démontre si besoin, que nos modes de consommation sont en permanente évolution tout comme les technologies industrielles. Aujourd’hui, comme demain le premier atout de l’entreprise sera sa capacité à détecter de nouveaux marchés et à s’y adapter le plus vite possible.

La transformation digitale de l’entreprise n’est pas une action ponctuelle, mais un état d’esprit permanent.

L’agilité et la compétitivité d’une entreprise, c’est un peu comme la forme physique de ses collaborateurs, il faut l’entretenir en permanence pour garder la santé.

Alors bougeons-nous, cela ne fait que commencer !

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