Yooz s’appuie sur ses partenaires pour revendre sa solution Saas de dématérialisation de factures

Pour assurer son développement, le département Saas d’Itesoft développe une stratégie de marque grise « Powered by Yooz » en s’appuyant sur des partenaires distributeurs. Et mise sur l’international


« Pour notre activité, nous avons identifié deux facteurs de succès : le développement à l’international et la vente indirecte, » déclare Magali Michel, directrice de Yooz, un éditeur de solutions de dématérialisation de factures en mode Saas, appartenant au groupe Itesoft. Lancé en 2010, Yooz se positionne clairement sur le créneau des PME, entre 50 et 1000 employés, parfaitement au fait des avantages de la dématérialisation de factures mais convaincues du caractère exorbitant de ces solutions, aussi bien en termes d’investissement que de ressources à y consacrer (gestion de projet, formation des utilisateurs…). De fait, selon les différentes études sur le sujet, ce type de projet coûterait entre 100 000 et 500 000 euros, inabordable pour une PME et difficilement amortissable avec un volume de factures à traiter trop restreint. Yooz propose donc un service, sans aucun investissement de départ, payable au forfait. Les tarifs démarrent à 99 euros par mois pour 100 factures et la facture supplémentaire à un peu plus d’un euros. Un modèle avantageux quand on sait que les PME estiment entre 5 et 10 euros le coût de traitement de leurs factures. « On peut commencer à travailler sur notre système en moins de deux heures, » affirme Magali Michel, soit le temps de paramétrer les seuils de montants et les différents niveaux de validation de la facture.

 

  

 

Un partenariat avec PWC

Yooz s’est donnée 5 ans pour être rentable. Problème, avec un force commerciale de 4 personnes, difficile de générer beaucoup de chiffre d’affaires avec des forfaits autour de 100 ou 200 euros mensuels, même si la concurrence semble inexistante, si ce n’est Esker, mais positionné sur les grosses PME. Aussi Yooz vient d’annoncer, le 20 mars 2012, un partenariat avec le géant de l’expertise comptable PWC. « Depuis 2011, la loi autorise les cabinets d’expertises à faire de la communication sur leurs services, ce qui leur était interdit auparavant, » explique Magali Michel. Au départ, en avril 2011, PWC France est devenu client de Yooz pour automatiser le traitement des factures de ses clients, représentant un très gros volume mais éclaté entre de très nombreux clients. Et l’idée d’offrir ce service à leurs propres clients s’est imposé. PWC va donc revendre la solution Yooz, un sacré levier de développement pour l’éditeur qui va bénéficier de l’image de marque de PWC et de son réseau. PWC va appliquer une marge sur les factures traitées via la plate-forme de Yooz. Celui-ci avait déjà signé, en 2011, un autre partenariat de ce type mais avec l’éditeur lyonnais Cegid, leader des ERP pour les experts comptables, avec 60% de part de marché et 7500 clients. Yooz a du faire quelques ajustements fonctionnels pour répondre à certaines demandes de ses partenaires comme l’ajout de filtre pour me se retrouver dans les dossiers clients. En effet, un expert comptable peut compter plusieurs dizaines de clients. Dernières évolutions en date, le logiciel de traitement est capable de faire la somme en respectant les différents taux de TVA, des diverses lignes au sein d’une même facture. Il est aussi désormais possible, pour un utilisateur, de créer un nouveau modèle à partir de précédents. Par exemple, un expert comptable avec beaucoup de clients officines pourra créer un nouveau compte client pharmacien en s’appuyant sur des paramètres préexistants. Là encore, un gain de temps appréciable. En partenariat avec Sagemcom, dans le cadre d’un projet innovant bénéficiant d’un financement Oseo, les premières Yooz box, des scanners fonctionnant sans PC et reliés à Internet, ont été livrées en février 2012 aux clients experts comptables. Ceux-ci peuvent alors les mettre à disposition de leur propres clients qui ne possèdent pas forcément d’équipements informatiques, faute de place ou de temps à y consacrer. comme les boulangers par exemple. « Le cahier des charges imposait que nos Yooz box soient capables de scanner une feuille A4 ou un ticket de métro, » précise Magali Michel, soient tous les formats de factures possibles et imaginables.

A la conquêtes des USA

Le développement à l’international constitue un autre relais de croissance stratégique pour Yooz. « L’exercice 2012 sera une année d’étude et de choix d’implantation à l’étranger. L’objectif est d’ouvrir une première représentation début 2013, » annonce Magali Michel. Les dirigeants de Yooz regardent plus particulièrement les grands pays en Europe, matures dans le domaine de la dématérialisation, sans donner plus de précision. Et aussi les Etats-Unis, car, « aussi surprenant soit-il, il n’existe pas de concurrents, » souligne Magali Michel. « En tout cas pas d’acteur ne demandant aucun investissement de départ, seulement un abonnement mensuel. Esker est bien présent aux USA, mais le ticket demandé est de l’ordre de plusieurs milliers de dollars. » Un argument qui pourrait faire mouche au pays ou l’on achète, depuis pas mal d’années déjà, un service Saas avec une carte de crédit sans autre cérémonie.

Christophe Quester

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