Cloud souverain, vers une montée en puissance des acteurs français ?

La table-ronde qui a clôturé Partner VIP, le 20 novembre dernier, au contre de conférences Cœur Défense, a été l’occasion de clarifier les stratégies des différents acteurs du cloud et notamment de débattre «  du cloud souverain ou cloud en France…vision et stratégie des grands acteurs en France ».


L’arrivée d’acteurs français soutenus par des fonds d’état dans le cadre du grand emprunt étaye la volonté du gouvernement français de disposer d’infrastructures nationales indépendamment des géants américains soumis à la législation du « Patriot Act ». Elle marque notamment la volonté française de disposer d’acteurs de qualité, pouvant offrir des prestations d’un « cloud souverain ».

Pour cette table-ronde concluant en apothéose la journée Partner VIP sur le thème du « Cloud souverain ou Cloud en France… ? Visions et stratégie des grands acteurs en France ? » un panel impressionnant d’intervenants représentant les clouds français, mais aussi les stratégies internationales, étaient préents. La table-ronde, animée par Frédéric Simottel, Directeur de la rédaction de 01 Business et Technologies, a ainsi réuni Patrick Starck, Président de CloudWatt, Christian Comtat, Directeur Cloud Computing chez IBM, Philippe Tavernier, Président de Numergy, Didier Jaubert, Directeur de Global Solutions and Services d’Orange Business Services, d’Emmanuel Obadia, Vice President Europe de SalesForce, et enfin Pierre Barnabé, Directeur Général de SFR Business Team.

Cette palette d’intervenants de haut vol, dont aucun ne s’est contredit malgré les forces concurrentes qu’ils pouvaient représenter, se sont d’abord unanimement retrouvés autour de la création de valeur par le cloud computing : ainsi, Philippe Tavernier, Président de Numergy, a insisté sur « le moteur que nous présentions pour l’économie en général, et notamment pour les PME. Même des particuliers, un peu « geek », ayant des demandes importantes peuvent s’adresser à nous », déclare-t-il. Faisant un parallèle avec l’énergie, il poursuit : « notre métier est comparable à la fourniture de carburant. Nous pouvons vous assurer qu’il est bon marché et sécurisé, mais nous ne sommes pas intégrateurs ». Pour Christian Comtat, d’IBM, « le cloud va générer de la croissance pour les entreprises, quelque soit l’acteur auquel on s’adresse ». Emmanuel Obadia, très disert, parle « d’innovation de rupture. Le cloud permet d’offrir aux entreprises les moyens de se développer sans acheter d’infrastructures. Elles sont dégagées de l’élément conjoncturel », poursuit-il. Pour Christian Comtat, d’IBM, « le cloud tire la valeur des entreprises vers le haut ».

Didier Jaubert, d’Orange Business Services, croit au modèle français « qui a la possibilité de s’exporter ». Philippe Tavernier, -et on n’en attendait pas moins de lui-, fervent défenseur du « cloud à la française », parle de la puissance numérique des différents pays. « A terme, il y aura un réel débat d’ordre géopolitique sur l’emplacement des clouds ». Le pays qui possèdera la puissance numérique pourra s’affranchir des règles des pays tiers. La France en –a-t-elle les moyens ?

Sylvaine Luckx

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