Un nouveau Cloud français débarque

Un nouveau Cloud public déboule en France, déjà production et annoncé moins cher qu’Amazon Web Services. Il est où le Père Noël ?


C'est la surprise de la semaine, un nouveau Cloud vient d’entrer sur la scène française. Aruba Cloud est un Cloud Public offrant un service de IaaS et de Cloud Storage officiellement depuis ce matin.

Sur le papier, Aruba Cloud aurait tout d’un AWS, mais « moins cher, plus souple et mieux maîtrisé » selon Eric Sansonny, le Directeur Général d’Aruba en France et ex-Directeur France de Amen, rencontré hier.

Esbrouffe ou gros coup ? Il est trop tôt pour le savoir.

A-t-il une chance ?

Face à un Ikoula et un Gandi déjà bien implantés sur le marché français; face à un CloudWatt et un Numergy, qui devraient lancer leurs offres prochainement; face à un AWS dominant le marché, y-a-t-il vraiment de la place pour un nouvel acteur du Cloud Public ? « Pour nous imposer sur un marché français très concurrentiel, nous avons décidé de jouer la carte de l’innovation, de la simplicité d’utilisation et de la transparence » déroule Eric Sansonny. De grands principes, qui ne valent que s’ils sont réellement mis en application.

Aruba mise surtout sur la notoriété et la solidité de sa maison mère, qui dispose déjà de milliers de clients, et d’infrastructures bien rodées. Elle mise aussi sur son approche «glocal» : à la fois en local et global. « Nous voulons avoir des datacenters locaux, mais dans tous les pays d’Europe, contrairement à AWS, qui n’en a qu’un par grande région» compare Eric Sansonny.

Un acteur déjà bien implanté en Europe

S’il est nouveau en France, Aruba n’est effectivement pas né de la dernière pluie. Aruba S.p.A est hébergeur depuis 1994 et dans le top 10 mondial. Il comptabilise 2 millions de clients, et emploie 450 salariés. Fort de son succès, (l’offre Cloud Aruba Cloud existe là bas depuis 6 mois), Aruba souhaite ainsi «s’imposer comme l’un des premiers pure-players français du Cloud Computing». Voire même, comme l’un des premiers pure-players européen. L’implantation d’Aruba en France s’inscrit en effet dans une stratégie plus large d’une extension de son offre aux marchés européens, dont l’Allemagne, l’Espagne et l’Angleterre. Aruba est déjà très présent dans les pays de l’Est, comme la République Tchèque, la Slovaquie et la Hongrie. Le fournisseur de Cloud compte aussi sur cette présence forte dans les pays européens pour asseoir sa crédibilité. Son service équivalent est déjà en production en Italie, en République Tchèque (avec une capacité 50 000 serveurs). Une société basée en France pourrait donc s’y interconnecter tout en administrant ces services depuis la France.

Une entité totalement française

Le lancement officiel de Aruba Cloud en France s’accompagne de la création d’une société juridiquement française, Aruba SAS. L’offre s’appuie également sur une infrastructure locale et des équipes dédiées basées à Paris. Comptant déjà 20 personnes Aruba compte bien doubler ses effectifs d’ici fin 2013. L’infrastructure est gérée en 24/7 par les équipes d’administration système Aruba.

«Côté Datacenter, nous avons choisi pour démarrer le datacenter d’Equinix basé en région parisienne, les serveurs étant donc bien hébergés en France, et les données restant sur le territoire» ajoute Eric Sansonny. Ce, pour dissiper le doute sur l’aspect purement français de l’offre. A noter, les contrats passés avec les clients seront eux-aussi soumis à la législation française.

Hyper-V et VMware pour démarrer

L’offre matérielle et logicielle, elle, n’est évidemment pas française…Aruba a fait le choix de la combinaison de serveurs Dell, de stockage Netapp, de réseau Cisco. Côté virtualisation, deux (trois) hyperviseurs sont utilisés dans un premier temps, VMware vSphere, Hyper-V (et Hyper-V Low Cost). Aruba prévoit d’en supporter d’autres prochainement. « Nous ne voulons pas imposer une technologie plus qu’une autre à nos clients surtout s’ils ont une stratégie de Cloud hybride. Nos clients ont déjà acquis une certaine expertise sur certaines technologies, sont déjà formés, c'est à nous de nous adapter et pas à eux.».  Chaque machine virtuelle peut contenir jusqu’à 8 cœurs virtuels, 32Go de RAM et 2To d’espace disque et vous pouvez en activer un nombre illimité.

Par ailleurs, une interface applicative de programmation (API) offre aux développeurs d’intégrer leurs applications métiers à l’infrastructure Aruba Cloud.

Côté Cloud Storage, c’est la solution de stockage objet Ring de Scality qui a été choisie, retravaillée pour l’occasion. L’offre Cloud Storage de Aruba a l’avantage d’être compatible avec Amazon S3. Il supporte les API ResT et les drivers Delta Cloud Apache, pour la compatibilité entre Clouds.

Aruba peut aussi, si le client le souhaite, lui déployer un Cloud Privé. Pour eux, en matière d’hybride, tout est possible,y compris mixer serveurs virtuels et serveurs physiques.

Maîtrise des coûts avec des crédits prépayés

Aruba a aussi développé un système de facturation original. Le client a pour chaque ressource une projection mensuelle de son coût. Un système de crédit compte, à la manière d’une carte prépayée, lui permet de mettre la somme qu’il souhaite, pour quelques heures ou quelques jours. Une manière selon Aruba de maîtriser les dépenses, et ne pas tomber dans le travers d’AWS, dont il est difficile de prévoir la facture. Aruba propose d’ailleurs un outil d’estimation des coûts sur son site. Dans le cas de gros volumes, Aruba peut aussi proposer un abonnement au mois, pour simplifier la facture de l’entreprise. Selon Eric Sansonny, «notre offre est dans certains cas moins chère qu’AWS, au pire, équivalente». Pas de preuve formelle, mais un chiffre annoncé « par exemple, une VM coûte environ 10 euros par mois». Sur le site, Aruba indique « les prix sont clairs : il n’y a pas de coût d’activation, pas de coûts cachés».

Du Vrai Cloud ?

Aruba Cloud est-il un vrai Cloud, ou une offre d’hébergement déguisée en Cloud ? La différence se fait sur le modèle choisi : infra mutualisée dans un Cloud Public, facturation à l’heure des ressources consommées (CPU, mémoire), qu’il peut prélever toutes les heures. On accède à un catalogue de services aussi : la société a par ailleurs développé une console appelée VisualCloud qui permet d’activer des services par simple glisser-déposer. Sur le papier, ça y ressemble. Pour l’heure, Eric Sansonny assure que 4000 VMs sont déjà en activité.

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