Les recommandations de L’AFDEL en faveur du soutien à la filière SaaS en France


Recommandation N°1 : Préparer les champions de demain pour l’accompagnement du développement de la filière

Les pouvoirs publics doivent bien cibler leurs investissements dans la filière, là où les

perspectives de développement et les segments de marché seront porteurs pour le tissu d’éditeurs de logiciels français.

  • FSN-PME : soutenir le financement du développement des acteurs du logiciel/SaaS par des tickets d’entrée dès 500K€
  • Créer un fonds de capital-risque public (BPI/via CDC Entreprises) centré sur la filière logiciel/SaaS et ses spécificités
  • Redéfinir les modalités de soutien de la R&D logiciel en lien avec le MESR2 pour soutenir la filière logiciel, notamment dans le cadre du CIR
  • Développer des places de marché numérique (marketplace) de filière en lien avec DGCIS, pour soutenir l’offre de logiciels adaptés aux filières métiers (agriculture, tourisme etc…). Ces places de marché favoriseraient les synergies entre éditeurs et l’articulation pourrait être également organisée localement

Recommandation N°2 : Accompagner la transition des éditeurs on premise, via la BPI

La transition d’un éditeur on premise nécessite une stratégie particulière, notamment pour construire une offre SaaS complémentaire et pour gérer la bascule vers le métier

« d’opérateur de service ». La mise en place d’un programme d’accompagnement à la

transition pourrait s’avérer utile pour guider les éditeurs dans leurs choix stratégiques, notamment par la BPI qui vise à se positionner comme accompagnateur des entreprises :

  • Soutien aux problématiques de trésorerie impactant les éditeurs en transition : toutes les entreprises éditrices de logiciel ne disposent pas des fonds suffisants pour mener seules leur transition. Les pouvoirs publics pourraient prendre l’initiative d’une concertation tripartite, avec les éditeurs et les banques privées, pour mettre en place un plan de prêt adapté (« Prêt Transition SaaS ») pour renforcer les fonds propres des acteurs en mutation.
  • Analyse du marché pour la définition d’une solution adaptée à la demande et au niveau de la concurrence. Ce type de programme peut mettre à contribution les cellules de veille et les partenaires conseil des institutions publiques spécialisées sur le numérique.

Recommandation N°3 : Dynamiser l’exportation des entreprises de logiciel grâce au levier du SaaS

Pour se développer, les éditeurs de logiciels doivent nécessairement s’adresser au marché mondial. Grâce au Cloud computing, les Editeurs peuvent adresser le marché mondial avec un coût d’accès limité. Rappelons qu’aujourd’hui les 10 premières entreprises logicielles françaises tirent +70% de leur CA à l’export et que cette moyenne tombe à 4% pour les quelques 2 000 éditeurs de moins de 5 Meuros de chiffre d’affaires. 60% des éditeurs interrogés par l’AFDEL, (résultats intermédiaires de l’étude Cockpit réalisé en février 2013 par l’AFDEL) considèrent le SaaS comme un levier majeur pour le développement à l’international. Les pouvoirs publics, et la DGCIS en particulier, ont le souci de soutenir cet axe de développement majeur pour les entreprises. Afin de continuer à soutenir cet effort, l’AFDEL propose notamment de :

  • Renforcer la présence de la France dans les Salons IT dans le monde
  • Valoriser la marque France et l’excellence en matière logiciel, via INRIA, en lien avec réflexion du gouvernement sur la marque France
  • Solidarités de filières : aider les OP à accompagner la solidarité des filières demandées dans le rapport Gallois ; en collaboration avec UbiFrance
  • Mettre à disposition des entreprises des outils utiles comme un guide des bonnes pratiques…

 

Recommandation 4. Accompagner les comportements d’achats de l’administration vers le logiciel

Le secteur public n’est pas un secteur qui traditionnellement externalise ses ressources informatiques, voire se positionne comme un secteur qui conçoit ses propres solutions dans une logique de concurrence avec le marché… Par ailleurs, le cadre juridique applicable aux appels d’offre n’est pas bien adapté au modèle du logiciel, ni a fortiori à la promesse de flexibilité du Saas. L’achat public de prestations informatiques doit aussi se faire dans le respect du principe de neutralité technologique, qui préside les choix technologiques de l’Etat. Enfin, certains garde-fous juridiques en matière de sécurité des données, doivent encore être expliqués.

  • Solliciter l’initiative parlementaire sur cette question pour permettre à l’administration de tirer les avantages et les bénéfices logiciel ou du Cloud computing afin de soutenir son évolution. Cette initiative doit inclure une réflexion visant à stabiliser et sécuriser l’environnement juridique et financier au sein duquel l’administration pourra utiliser cet outil numérique.
  • Progresser sur les moyens qui vont permettre une meilleure finalisation de la commande publique notamment dans le cadre de la réflexion autour des critères d’achat des pouvoirs publics (Achats Responsables).
  • Avancer plus vite sur le chemin dématérialisation et en particulier de la facture électronique qui pâtit d’une mauvaise transcription de la directive européenne

     

Recommandation 5. Faire progresser la coopération économique entre grandes entreprises et PME innovantes

Quels sont les bénéfices attendus ? L’augmentation de la compétitivité française et le renforcement du tissu de PME innovantes. Les grands comptes et les PME innovantes ont beaucoup à gagner d’un renforcement de leurs liens. Les PME sont le lieu privilégié de l’innovation en France. Le développement de synergies, via la contractualisation entre les grandes entreprises et les PME, permet, par l’intégration d’innovations par des grands comptes, de mettre sur le marché ces innovations, dans un système « gagnant-gagnant ».

  • Les acteurs du logiciel et du Cloud computing sont essentiellement composés de jeunes entreprises innovantes. Ces éditeurs font face à la difficulté de vendre leurs solutions lorsqu’elles sont passés au crible des services achats des grandes entreprises au regard de leur pérennité financière.
  • Le logiciel, et sa distribution par internet (Cloud computing), est à la base de l’évolution de l’offre de produits et services des entreprises traditionnels de nouveaux services qui vont pouvoir être rendu par les entreprises traditionnels A titre d’exemple, peuvent être cités les initiatives des grandes entreprises présentes sur les composants électriques qui se tournent vers la domotique ou des entreprises dans le domaine de la logistique et du courrier qui se positionnent aujourd’hui sur des services de dématérialisation. Ces grandes entreprises ont donc intérêt à coopérer de manière étroite afin de concevoir les services de demain. Une coopération susceptible d’être étendue au niveau commercial notamment pour la conquête des marchés internationaux.
  • L’AFDEL soutient la création d’un programme spécifique, reposant sur un cofinancement public-privé, dans le cadre de la future BPI. Il comprendrait notamment une dimension de financement du lancement du projet industriel et commercial innovant ou de son export, et une dimension d’accompagnement et de mentorat des PME. Il faudrait imaginer un processus selon lequel un acteur tiers, qui pourrait être Oseo, se porterait garant en cas de défaillance de la PME afin de sécuriser financièrement les grandes entreprises.
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