Qu’attendent les DSI de leurs partenaires cloud ?

Longtemps perçues comme les adversaires du Cloud, les DSI changeraient d’attitude. Est-ce la réalité ? Que veulent les DSI ? Comment les convaincre et s’en faire des alliés ? Quels sont les outils de mesure de qualités des DSI par rapport au Cloud ? La 8ième édition des Etats généraux du Cloud fut l’occasion de débattre de ces questions. 


« Les DSI n’ont plus le choix que de passer au Cloud »

À l’heure où les « DSI n’ont plus le choix », observe  Sylvain Leterrier, Advisory Services Director, KPMG la question qui les agite n’est plus « pourquoi passer au Cloud ? » mais bien « comment y passer ? ». Une étude récente de KPMG intitulé « The cloud takes shape »* en témoigne. « Les projets prennent formes et deviennent de plus en plus focalisés sur la refonte des business process de l’entreprise. Le Cloud est éminemment transformateur, d’une part pour le business model mais également pour la DSI. L’étude met d’ailleurs en évidence le fort de sponsoring de ces projets par la DSI. »

« Le faible niveau de personnalisation des offres cloud est un frein »

« Auparavant un DSI achetait sa licence, son serveur. Il rajoutait une couche à l’applicatif pour qu’il s’adapte à son business et il appliquait sa propre politique de sécurité, se souvient Stéphane Duproz, DG de TelecityGroup. Aujourd’hui, en mode Cloud ses données sont hébergées chez le prestataire ce qui posent des problèmes de sécurité et de performance. » Des préoccupations aujourd’hui résolus selon Sylvain Leterrier, Advisory Services Director chez KPMG : « Avec les certifications et les audits réguliers menés par des organismes de confiance, on est maintenant convaincus qu’un prestataire spécialisé est à même d’assurer la sécurité des données. »Reste un problème de taille souligne Stéphane Duproz : le faible niveau de personnalisation. « Le DSI doit adapter son organisation à l’applicatif qui lui est proposé ce qui peut poser problème s’il vient à rompre son contrat. Nous voulons que les applicatifs s’adaptent à notre business, pas l’inverse. » 

« Davantage de réticence lorsqu’il s’agit de projet cœur de métier »

« Si le cloud se développe majoritairement dans le cadre de projets collaboratifs, il y a davantage de réticence lorsqu’il s’agit de projets cœur de

métier, constate Stéphane Duproz, DG de TelecityGroup. Principalement pour des raisons d’irréversibilité et du peu de personnalisation des offres. »

« Garantir la maîtrise de toute la chaîne de back-up »

 « L’entreprise et son représentant légal est responsable pénalement sur les données personnelles de ses employés », mentionne Stéphane Duproz, DG de TelecityGroup. S’il avait un seul conseil à donner aux prestataires de services cloud B to B ce serait celui de« pouvoir garantir à ses clients la maîtrise de toute la chaîne de back up ».

« Est-ce que l’application va répondre à mon besoin ? »

Pour Nicolas Bragard, DSI Corporate d’Esker la sécurité et les performances ne sont plus des critères de choix d’une solution cloud. « Désormais, la vraie question pour un DSI est de savoir si l’application choisie répondra à son besoin. « Au-delà du ROI, quelle est la valeur ajoutée d’une solution cloud ? » Un critère que le DSI a parfois du valoriser auprès de sa direction.

« Des fournisseurs capables d’accompagner le DSI sur les problématiques d’intégration »

Les applications doivent s’intégrer au système existant, et permettre de faire remonter des données qui existent par ailleurs dans l’entreprise. Les DSI ont besoin de cloud hybride. Actuellement, les normes d’interopérabilité sont quasi inexistantes. Comment faire communiquer deux systèmes hébergés chez deux prestataires différents ? « En matière d’intégration, les sociétés de service ont tendance à manquer de compétences pour accompagner le DSI sur ces problématiques », témoigne Nicolas Bragard, DSI Corporate d’Esker.

« Le DSI est devenu un marchand qui doit vendre ces solutions en interne »

 « S’il s’agit d’une formidable opportunité pour un DSI, le Cloud nécessite une évolution de l’organisation. Cela veut dire trouver les bonnes compétences mais également arriver à vendre ces solutions en interne », prévient Sylvain Leterrier, Advisory Services Director, KPMG. Le DSI est devenu un marchand. Devant une offre pléthorique, il a besoin d’accompagnement pour faire son choix. Au même titre qu’aujourd’hui une centrale d’achat référence ses fournisseurs, il faudra à l’avenir instaurer des méthodes de référencement de solutions Cloud. »

« Des attentes forte pour du cloud dédié »

« 75% des DSI envisagent d’investir dans du Cloud dédié », constate Alexandre Morel, Marketing produits chez OVH. Ils veulent disposer d’infrastructures d’externalisation compatibles avec les leur afin d’aller vers le Cloud de manière progressive. « 

« Plus que jamais le DSI doit devenir urbaniste et architecte de son système d’information »

Selon Alexandre Morel, Marketing produits chez OVH un DSI ne décide pas du jour au lendemain de basculer totalement dans le Cloud. « Il le fait progressivement et par conséquent il doit continuer à assurer le service. S’il décide de sortir un applicatif de sa cartographie vers l’extérieur, comment garde-t-il la connexion avec son système financier en interne par exemple ? Plus que jamais le DSI doit devenir l’urbaniste et l’architecte de son système d’information. Il est garant d’un ensemble, d’une cohérence alors que son périmètre est en train d’exploser.»

« Les DSI récalcitrants ne doivent pas invoquer des problématiques d’intégration »

 « La problématique d’intégration ne doit pas devenir la bonne raison pour ne pas adopter le cloud », alerte  Christian Eychène, Vice President Orange Cloud Transformation chez Orange Business Services. Une fois que le DSI a externalisé ces ressources, son métier veut qu’il puisse donner sens et cohérence à tout cela. »

« Comment prévoir les coûts ? »

Comment estimer précisément les coûts d’une offre facturée à l’usage reste une préoccupation pour les DSI. « Surtout qu’on leur demande de plus en plus souvent de financer les projets Cloud sur les économies réalisées par l’externalisation, constate Sylvain Leterrier, Advisory Services Director, KPMG . « Nous devons donc disposer de chiffres précis, noteNicolas Bragard, DSI Corporate d’Esker.Les fournisseurs doivent nous aider à faire rentrer les dépenses liées au Cloud dans nos tableaux de bord. »

·   *   http://www.kpmg.com/global/en/issuesandinsights/articlespublications/cloud-service-providers-survey/pages/default.aspx

Sandrine Tournigand

Top