Avec son offre DaaS, AWS lance une bombe sur le marché du desktop

Lors de son show annuel re:Invent 2013 à Las vegas, Amazon Web Services a lancé une offre DaaS. De quoi secouer le marché du desktop.


What’s next ? . Petit sourire en coin, Andy Jassy n’a pas laissé indifférente la gigantesque salle du Venetian Sands Center à Las Vegas hier, lors de son keynote d’ouverture de l’AWS re : Invent 2013, regroupant près de 9000 personnes. Et pour cause. Parmi les trois nouveautés annoncées, une est particulièrement de taille : WorkSpaces, une offre Desktop As A Service ou DaaS, qui vient donner encore plus de crédit à ce marché  naissant. Si l’on en croit les indicateurs fournis par les analystes, 2014 sera en effet l’année du DaaS.

 

Certes, le concept n’a rien de nouveau, mais AWS veut « rendre possible le rêve du poste de travail virtualisé ». Pour Andy Jassy, si le VDI n’a jamais décollé, c’est principalement à cause de la complexité d’implémentation, de management et de gestion du matériel. Arguments, qui il faut bien le dire, ne sont pas des secrets de polichinelle… Avec WorkSpaces, tout devient simple, puisqu’il s’agit d’un service dans le Cloud. « Pas de matériel, pas de logiciel, pas d’infrastructure, aucune obligation dans le temps. Si vous avez déjà des licences, vous pouvez aussi les intégrer. Le tout, pour la moitié du prix d’une offre concurrente» a-t-il résumé. Pour l’heure, il est bien évidemment impossible de savoir si techniquement (et notamment au niveau des performances), WorkSpaces tient autant la route qu’il n’y parait. Les démos vues sur place sur un iPad semblent cependant le confirmer.

 

La guerre du Cloud Desktop est-elle ouverte ?

 

L’annonce arrive cependant à peine un mois après l’annonce du rachat de Desktone par VMware, et quasiment en même temps que l’annonce de Citrix supportant AWS pour permettre de déployer le DaaS.  AWS déclare-t-il la guerre à VMware et Citrix ? Ces deux derniers, présents sur le salon re: Invent, se sont officiellement montrés enjoués par l’annonce affirmant même qu’elle permet de valider le DaaS, et qu’elle ne remet pas vraiment en cause leurs propres développements. Sourire jaune ? On est tout de même en droit de se poser la question du réel impact de WorkSpaces sur le marché, pouvant à terme, causer pas mal de difficultés aux acteurs en présence, y compris à la multitude d’acteurs du stockage proposant des offres pour faciliter les déploiements de postes de travail virtualisés. Pour l’instant, si l’on en croit les premiers commentaires entendus dans les allées, à chaud, WorkSpaces dans sa version actuelle aurait quelques limitations, au niveau du management, et aussi du fait que ce soit basé sur Windows. Mais on connait la capacité d’AWS à savoir faire dans les déploiements massifs et à sortir une mise à jour par semaine….Certains sont cependant visiblement même totalement contre l’arrivée de AWS dans le DaaS.

 

Protocole PCoIP pour une meilleure expérience utilisateur

En pratique, tout a l’air en effet d’avoir été conçu pour simplifier. AWS prône la simplicité d’installation, qui permet d’aller très vite. Chaque utilisateur peut installer le client sur le terminal de son choix, qu’il soit smartphone, tablette, PC… Après un temps de téléchargement, il a instantanément accès à un Windows 7 dans le Cloud, avec stockage persistant sauvegardé sur S3 (qui permet de retrouver ses données quelque soit le terminal), et des applications. Côté performances, AWS garantit une expérience utilisateur de choix, grâce au protocole PCoIP de Teradici (aussi utilisé par VMware).

 

Quatre bundles

 

L’entreprise a le choix en fonction du bundle choisi, qui sont au nombre de quatre :

• Standard – 1 vCPU, 3.75 Go de mémoire, and 50 Go de stockage persistant.

• Standard Plus – 1 vCPU, 3.75 Go de mémoire, and 50 Go de stockage persistant.

• Performance – 2 vCPU, 7.5 Go de mémoire, and 100 Go de stockage persistant.

• Performance Plus – 2 vCPU, 7.5 Go de mémoire, and 100 Go de stockage persistant.

 

Tous les bundles incluent Adobe Reader, Adobe Flash, Firefox, Internet Explorer 9, 7-Zip, et Java Runtime Environment (JRE). Les bundles Standard et Performance Plus embarquent également Microsoft Office Professional and Trend Micro Worry-Free Business Security Services. Mais ils peuvent aussi être customisés par les équipes IT.

 

Moitié prix par rapport à la concurrence

 

AWS a aussi dévoilé les prix allant de 35 $ jusqu’à 75 $ par mois.

 

Et se permet même de diffuser un tableau de comparaison de coûts, à prendre avec le recul qu’il se doit…

Bref ! Reste désormais à savoir si la mayonnaise DaaS va d’une manière générale, prendre. Les questions récurrentes de sécurité liées au Cloud pourront encore être un frein, d’autant plus depuis l’affaire Prism…Mais c’est un autre débat.

 

Gestion des APIs et streaming d’application

 

AWS a aussi annoncé deux autres services hier, Cloud Trail et AppStream. Cloud Trail s’attaque au management des APIs, pour assurer une meilleure gouvernance, lorsque de multiples API sont appelées.  Tandis que AppStream permet de streamer des applications lourdes comme la 3D, depuis le Cloud. Les démos sur le salon, étaient assez bluffantes, même si ce type de service concerne des usages particuliers (jeux, CAO…). Dans ce dernier cas, AWS s’est aussi appuyé sur le savoir faire de NVIDIA.

 

 

AWS accepte l’hybride, mais avec son point de vue

 

En fin, l’hybride. Chez AWS, le débat est toujours d’actualité, même si la compagnie a finalement mis de l’eau dans son vin, acceptant la transition douce des entreprises vers le Cloud Public en passant par le Cloud Privé. Mais elle ne voit pas les choses comme tout le monde. « Nous avons une vision différente du marché de l’hybride par rapport aux compagnies traditionnelles » a- t-il expliqué, graphique à l’appui, où l’on voit l’adoption du Cloud Public bien évidemment bien moins timide chez AWS qu’ailleurs. « Les fournisseurs traditionnels frissonnent de voir à quel rapidité les sociétés vont vers le Cloud, et certains d’entre eux paniquent un peu ». Andy Jassy fait référence à une série de minibus publicitaires sillonnant Las Vegas aux couleurs d’IBM affichant un « Nous avons 30 % du Cloud ». Pour le vice-président, ce signe évident de protestation n’a pas vraiment de sens, et ne fait qu’amener plus de confusion. L’important, explique-t-il est surtout de se concentrer sur les désirs des clients, et sur les nouveaux services, ce qu’elle ne cesse de lancer. En 2013, AWS annonce avoir fait 235 mises à jour de sa plateforme.

 

 

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