Première conférence Oracle Cloud World à Paris: Oracle vise haut.

La première édition de la conférence Oracle Cloud World, hier à Paris, a été l'occasion pour Oracle d'afficher ses ambitions dans le domaine, malgré un démarrage plus tardif que ses concurrents, compensé par le rachat de Sun et de ses centres de données.


Selon Thomas Kurian, executive vice president d'Oracle, responsable des 28 000 personnes de la R&D, « la globalisation des échanges, l’explosion du volume de données, le succès de la mobilité, l’utilisation professionnelle des réseaux sociaux et l'absolue nécessité de la modernisation pour assurer la survie des business sont les moteurs du succès actuel du Cloud». Oracle souhaite ainsi participer pleinement à la transformation digitale des entreprises, qui se voit proposer maintenant l'accès à la donnée sans avoir à la gérer.

« La stratégie d'Oracle est d'être un acteur unique du Cloud, avec une offre exhaustive: du cloud privé comme public ; de l'IaaS, du PaaS et des SaaS et l'ambition d'être leader dans les trois domaines ; une suite complète ERP, CRM, RH, BI permettant de gérer tous les processus de l'entreprise dans le cloud Oracle » a indiqué Laurent Dechaux, country leader pour Oracle France.

 

Pour tuer dans l'oeuf les interrogations sur le sécurité des données, Olivier Piou, PDG de Gemalto, est venu expliquer que, dans un monde qui devient de plus numérique et sans fil, des entreprises comme la sienne sont idéalement positionnées et armées pour assurer la sécurité des accès aux données : tandis qu'Oracle est dans le Cloud et en assure la gestion, Gemalto est à la bordure du Cloud, pour assurer que tous les accès sont bien identifiés et que les données sont bien protégées.

 

Un dialogue riche entre deux intégrateurs : Eric Delgove, Responsable du conseil en technologies chez Deloitte et Pierre Hessler, Président délégué de Cap Gemini, a permis de souligner que, malgré 20 ans de centralisation autour de l'ERP, avec des feuilles de route d'implémentation de plusieurs années, l'intégration au sein des entreprises est toujours défaillante. L'évolution technologique actuelle, qui provoque une révolution des usages, pourrait relever ce défi mais Pierre Hessler rappelle que «  sans stratégie globale d'intégration et juste des initiatives cloud isolées au sein des services, les silos subsisteront. »

Par ailleurs, les utilisateurs n'acceptent plus de passer deux jours à être formés à un nouveau logiciel : ils se sont habitués, dans leur vie quotidienne, à des services numériques, faciles à prendre en main, intuitifs et cette dictature de la simplicité est la condition d'un déploiement réussi et d'une utilisation satisfaisante des outils. A la question, «  le logiciel de comptabilité doit-il ressembler à un jeu vidéo ? », Pierre Hessler de Cap Gemini répond même par l'affirmative. Le revers de la médaille est finalement pour les développeurs, car c'est à eux de gérer toute la complexité pour fournir une service d'une grande simplicité.

Eric Delgove note encore «  un décalage entre les dirigeants, qui ont soif de connaître les nouveaux outils numériques, et les équipes qui les utilisent déjà. ». C'est le nouveau rôle du DSI, plus difficile mais plus passionnant, de conseiller ces dirigeants et d'intervenir comme un catalyseur de technologies. « Le DSI doit aujourd'hui s'adapter à une organisation avec plus d'informaticiens à l'extérieur de l'entreprise qu'à l'intérieur ! »

Il y a enfin une grande nécessité de changer les relations entre le business et la technologie : les services et l'informatique doivent apprendre à travailler ensemble autour de projets communs. Pour Pierre Hessler, « Le business ne peut plus raisonner sans prendre en compte l'effet de le technologie sur le business. » Mais hier, à la première conférence Oracle Cloud World, la répartition de l'audience quasiment à part égale entre les participants venant des services informatiques et ceux  venant des autres départements est venu apporter la preuve de cette tendance forte.

Hervé Baconnet

Top