Cisco InterCloud arrive tard et doit faire ses preuves auprès des professionnels de l’IT

Selon un récent article de Beth Pariseau, contributeur senior au site TechTarget, malgré l'importance du géant des réseaux dans le monde des data centers, le module InterCloud annoncé par Cisco n'a pas impressionné les professionnels de l'IT, qui se demandent ce que l'entreprise pourra proposer de plus que ce qui existe déjà. Voici l'essentiel de son article.


Cisco affirme que son service, dans lequel il va investir 1 milliard de dollars au cours des deux ans à venir, est de nature à créer une interconnexion globale entre de nombreux nœuds de data centers et à faciliter le développement de l'Internet des objets et les traitements colossaux qui l'accompagnent. Les nouveaux services cloud de Cisco hébergeront également ses offres SaaS existantes, dont WebEx, qui, selon la firme de San Jose, se situe juste derrière Salesforce.com en termes d'utilisation dans le monde.

Néanmoins, Cisco indique que l'Infrastructure as a Service n'est pas une finalité (InterCloud n'inclut pas ce qu'on appelle officiellement des services de machines virtuelles "génériques"), le message de la connexion des clouds hybrides est déjà relayé par vCloud Hybrid Service de VMware et SoftLayer d'IBM.

En outre, "les informations disponibles à propos d'InterCloud ne sont pas assez claires" disait Randy Grogan, un architecte système, lors de la dernière conférence Interop de Las Vegas. "Ils arrivent extrêmement tard", disait un autre professionnel de l'IT qui a tenu à rester anonyme. "Il y a certes une ouverture et ils s'appellent Cisco, mais il vont devoir prouver leur valeur ajoutée".

Les facteurs différenciants d'InterCloud : nombreux data centers, nombreux hyperviseurs

À Interop, d'autres observateurs du marché ont pointé que Cisco ne bénéficiait pas d'un historique de développement solide, ce qui est fondamental pour le cloud OpenStack. Les porte-paroles de Cisco ont vivement contesté ce point et mis en avant les expériences WebEx et Meraki. "Les gens ont des a priori sur nos possibilités et fondent leur jugement  sur une partie seulement de notre portefeuille", commentait Fabio Gori, directeur du marketing cloud chez Cisco. "InterCloud ne va pas nécessiter de serveurs Unified Computing System ou de switchs Nexus. InterCloud ne va pas non plus cantonner les utilisateurs à une 'poignée de data centers' dans le monde ou à un hyperviseur unique".

Malgré tout, les experts demeurent sceptiques. Pour David Linthicum, senior vice président de Cloud Technology Partners, une société de consulting cloud de Boston, "Alors même que la stratégie de Cisco est bien financée et bien suivie, elle a peu de chances d'émerger sur le marché à ce stade. En 2008, elle aurait peut-être donné du fil à retordre aux acteurs existants. Mais il n'y a rien ici ni de neuf ni d'innovant".

Comme toujours, l'appétit viendra en mangeant. Mais InterCloud n'est pas encore prêt à être consommé par le public. Nous en saurons sans doute plus en mai, lors de l'événement Cisco Live de San Francisco, du 18 au 22 mai prochains.

Traduction et interprétation :Benoît Herr

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