Table ronde 3 : les clés pour réussir la transformation d’un éditeur vers le SaaS

« Si le passage au cloud est aujourd’hui une priorité pour les éditeurs, réussir cette transformation n’est pas une mince affaire », affiche d’emblée Eric Lefebvre, du cabinet KPMG. Heureusement les cloud services providers ne ménagent pas leurs efforts pour accompagner cette évolution tant sur un plan technologique que commercial. Les six intervenants à cette table ronde organisée par Eurocloud l’ont largement démontré.

Parmi les enjeux technologiques figure la question de l’hébergement. « Avant même de choisir un prestataire, encore faut-il que son applicatif puisse fonctionner correctement », estime Stanislas de Rémur à la tête d’Oodrive. Vient également la question du management. « Est-ce que j’ai envie d’avoir mes propres serveurs ou de m’appuyer sur une plateforme as a service ? ». « L’application ne peut plus se passer de l’infrastructure et vice et versa », constate Florence Fresnoy de Dell. « De même qu’un commerce où seul l’emplacement compte, une application SaaS se doit d’être bien positionnée », insiste Stéphane Duproz de TelecityGroup. « Le rôle d’un data center est de créer des carrefours afin qu’il y ait un maximum d’utilisateurs ».

 

Autre aspect technologique à prendre en compte : l’internationalisation. « Le partenaire doit être en mesure de délivrer un service de manière homogène un peu partout dans le monde. » Or, les offres des hébergeurs dans ce domaine sont souvent « un peu floues », regrette Stanislas de Rémur, qui recommande l’accès à « un CDN plutôt que d’avoir 40 data center ». Bruno Pâques, de Dimension Data, conseille pour sa part « d’automatiser avant de déployer partout dans le monde sa solution ». Les aspects sécurité sont également cruciaux. « Les petits éditeurs, dont les équipes sont focalisées sur le développement, doivent pouvoir se décharger sur nos équipes pour toutes les couches d’infrastructure, aussi bien réseau, sécurité que serveur », note Nicolas Levrier, de Numergy, rappelant à ce titre la récente inauguration du centre de supervision de la sécurité. Même son de cloche chez Téléhouse : « il faut donner de la confiance aux éditeurs avec des données protégées », estime Benoît Mercier. « D’où l’importance d’être attentif aux politiques de certifications menées par l’hébergeur. » Les problématiques de réversibilité des données doivent aussi faire partie des sujets à aborder dès le départ, ajoute Stanislas de Rémur.

 

Au-delà des aspects technologiques, le passage au cloud pour un éditeur implique une transformation commerciale, précise Eric Lefebvre, du cabinet KPMG. « Si la force du modèle Saas réside dans la récurrence des revenus, il prend du temps avant d’atteindre une taille critique », met en garde Stanislas de Rémur d’Oodrive. Avec comme gages de réussite et chantiers à mettre en place : « beaucoup d’investissements marketing et commerciaux dès le départ, des commerciaux motivés à vendre de la récurrence, de nouveaux plans de commissionnements, un réseau de revendeurs pour les clients de 50 à 150 postes, etc ». Nicolas Levrier souligne à ce titre la nécessité d’un modèle commercial hybride, « à la fois direct, avec des commerciaux en direct et en indirect via des partenaires. » Afin de participer à la notoriété et au business des éditeurs, l’opérateur cloud Numergy multiplie à ce titre les partenariats. « Au dernier salon Linux,   quatre éditeurs étaient invités à présenter leur offres au sein d’un village cofinancé », souligne Nicolas Levrier.

 

Directrice du programme MSP pour Dell, Florence Frenoy se plaît à imaginer « les services providers de demain comme de véritables réseaux de distribution des éditeurs. » Face à la multiplicité des acteurs, se pose la difficulté du choix, interroge un auditeur. Une crainte balayée d’un revers de la main par Stéphane Duproz : « la communauté du cloud est suffisamment riche pour pouvoir s’adapter à chaque problématique. La bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas qu’une seule route. » Un avis partagé par l’ensemble de ses confrères.

 

Les intervenants

Stéphane Duproz (TelecityGroup)
Benoît Mercier (Telehouse)
Florence Frenoy (Dell)
Stanislas de Rémur (Oodrive)
Nicolas Levrier (Numergy)
Bruno Paques (Dimension Data)

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