Numérique et territoires

Ou comment des solutions logicielles innovantes permettent aux collectivités de répondre aux enjeux majeurs auxquels elles sont confrontées…

par Olivier Schwartz – directeur marketing et communication chez Isogeo

Si les collectivités font face à des enjeux majeurs aujourd’hui et dans un proche avenir (diminution des dotations de l’Etat, réforme territoriale, prise en charge de nouvelles missions et coûts afférents), le numérique en général et les solutions logicielles en particulier peuvent leur permettre d’être à la fois plus efficaces tout en permettant l’apparition de nouveaux services et usages. C’est ce que nous verrons au travers du prisme de la gestion des données géographiques.

Un contexte difficile pour les collectivités

11 milliards d’euros sur 3 ans : c’est le montant de la diminution des dotations de l’Etat aux collectivités locales (2015-2017), confirmé par le gouvernement lors d’une réunion le 11 septembre dernier avec les associations de collectivités. Après avoir déjà baissé en 2014 de 1,5 milliard d’euros, la dotation baissera donc une nouvelle fois en 2015, de 3,65 milliards cette fois-ci.

Avec des dépenses qui continuent de croître (+ 4,5 % entre 2012 et 2013), certaines communes françaises font face à de réelles difficultés financières. Ainsi, une étude du cabinet LocalNova1 que 600 communes sont particulièrement fragiles et que certaines envisagent même de se mettre sous la tutelle du représentant local de l’Etat : le préfet.

Face à cette situation, les collectivités, surtout si elles veulent malgré tout maintenir un niveau d’investissement décent, doivent pouvoir concilier modernité, innovation, efficacité. Cela passe par la numérisation des collectivités territoriales. Nous nous pencherons sur le cas particulier de la gestion des données géographiques dont sont responsables les services SIG2 au sein des DSI.

Les données géographiques : modernité, optimisation, efficacité

Les données géographiques ont 2 particularités : elles existent dans des formats variés (plus de 200 connus et plus ou moins utilisés) et – comme les organismes vivants – elles évoluent constamment pour refléter une mouvante réalité.

Ces 2 caractéristiques génèrent des effets pervers dont il est malaisé de se départir :

  • des données présentes sur de multiples postes informatiques, professionnels ou personnels ;
  • des données difficilement gérables car dans des formats différents ;
  • des données parfois jamais mises à jour… ou alors mises à jour en parallèle par des utilisateurs différents, et qui parfois s’ignorent ;
  • des données en double.

Les coûts induits sont très importants, que ce soit dans la gestion complexe de ces données ou dans l’acquisition multiple de la même donnée par des acteurs différents d’un même territoire. On touche là au thème prépondérant de la gouvernance des données.

Des solutions existent pourtant, qu’elles soient issues du monde du logiciel libre ou bien de sociétés innovantes, comme Isogeo. La solution proposée par cette dernière permet, au travers d’une plateforme ergonomique et d’une architecture cloud, de scanner l’ensemble des données géographiques afin d’établir un recensement exhaustif, à jour et documenté de son patrimoine de données. Fini les doublons ! Enfin des catalogues « propres » de données… et utilisables ! A noter que le cloud repose ici sur un service Windows qui va scanner les métadonnées alors que les données elles-mêmes restent chez le client qui bénéficie d’une mise à jour continue de la solution ; cela s’inscrit aussi dans une démarche d’externalisation alors que le service SIG souhaite se concentrer sur des tâches à valeur ajoutée comme la cartographie, l’analyse spatiale ou l’aide à la décision.

Valoriser son patrimoine de données pour économiser

Connaître son patrimoine est la condition sine qua non pour pouvoir passer à la seconde étape : la valorisation de ce patrimoine. Cette valorisation peut prendre diverses formes ; la première est de permettre l’accès à ces données en interne et à l’extérieur de l’organisme. C’est notamment dans cet esprit qu’à été élaborée la directive INSPIRE , par la direction générale de l’environnement de la Commission européenne. Celle-ci vise à établir en Europe une infrastructure de données géographiques pour assurer l’interopérabilité entre bases de données et faciliter la diffusion, la disponibilité, l’utilisation et la réutilisation de l’information géographique en Europe. Diverses études européennes et internationales ont permis d’estimer pour la France « un surplus de PIB dû à la directive Inspire de 5,1 milliards d’euros par an »3.

Même si en 2014, 80 % des métadonnées sont conformes aux spécifications de la directive, on peut s’interroger sur le fait que seulement 23 % sont à la fois visualisables et téléchargeables4. La Directive INSPIRE n’a pas encore totalement convaincu l’ensemble des acteurs du territoire national. Et c’est dommage au vu des économies potentielles et des améliorations organisationnelles qu’elle peut engendrer. Voici donc un axe de développement pour les collectivités territoriales (Conseils généraux, conseils régionaux, communautés d’agglomération, de communes ou urbaines) auprès desquelles l’Etat devrait pouvoir s’engager plus encore afin d’accélérer le déploiement d’INSPIRE, tout en favorisant l’utilisation d’outils logiciels innovants, ayant fait leurs preuves.

Ouvrir les données pour créer de la valeur

La valorisation de ces données se fait aussi par leur mise à disposition auprès du grand public et des entreprises : c’est la démarche d’Open Data. Elle permet d’ouvrir les données pour une plus grande transparence citoyenne tout en promouvant de nouveaux usages. C’est d’ailleurs l’orientation retenue par le gouvernement avec la création le 16 septembre dernier5 du poste de ‘Chief Data Officer’ (CDO) ou ‘Administrateur Général des Données’, poste qui revient à Henri Verdier, actuel directeur d’ETALAB . C’est dans cet esprit qu’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargé du numérique, a déclaré dernièrement vouloir « favoriser la participation citoyenne aux services publics et soutenir l’économie innovante dans les territoires », autrement dit concilier ‘réduction des coûts’ et ‘amélioration des services’6.

Si les collectivités font face actuellement à des difficultés financières, le numérique peut grandement les aider à assurer une transition vers une plus grande efficacité tout en valorisant leur patrimoine de données, en interne et à l’extérieur, dans une démarche d’Open Data. Ce choix de l’optimisation via des solutions logicielles ergonomiques et une architecture cloud a été fait par un certain nombre de conseils généraux (la Moselle, le Nord, la Manche) ou de communautés (Grand Dijon, Dunkerque, Le Creusot, Créteil-Plaine Centrale). Investir aujourd’hui dans des solutions innovantes, externaliser une partie des tâches, outils et infrastructures, c’est, à terme, optimiser les coûts et générer des innovations de services auprès des citoyens et des entreprises ; autrement dit, faire d’une pierre deux coups.

1 LocalNova, la capacité d’effet de ciseau, 3 juillet 2014
2 Système d’Information Géographique
3 La Directive INSPIRE pour les Néophytes, 3ème édition, Francis Merrien et Marc Léobet de la Mission de l’Information Géographique (MIG) au sein du Ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de l’Energie : PDF
4 Rapport de la France sur la mise en œuvre de la Directive INPSIRE, 29 avril 2014 : PDF
5 Voir la publication au Journal Officiel le 17 septembre du décret instituant un administrateur général des données : PDF
6 Numérique : réduire les coûts et apporter de meilleurs services, Axelle Lemaire, Europe Parlementaire, numéro 20, juillet-août-septembre 2014

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