Préparer le cloud pour un marché de commodités

par Catherine Nohra China, fondatrice et CEO de B2cloud

Le cloud computing présente des avantages business indéniables en termes d’agilité, de flexibilité de réduction des coûts d’exploitation, mais l’une des caractéristiques majeures de ce modèle est sa capacité à transformer les ressources IT (puissance de calcul, stockage, réseau, applications) en biens de consommations fongibles.

Si les fournisseurs de cloud actuels peuvent délivrer des services de stockage, de traitements de l’information, de calculs et tous types de services IT déportés dans le nuage, ces services sont encore pour la plupart facturés en mode « pay as you grow » et non à l’usage « pay as you use ». Par ailleurs, ces services ne sont toujours pas évalués par rapport à des mesures de référence (même si l’EU travaille sur ce point : www.cloudwatchhub.eu).

Il est donc impossible dans l’état actuel du marché, d’acheter ou de vendre des services cloud telles des ressources de consommation courante.

Préparer le Cloud pour un marché de commodité, devrait permettre aux entreprises de se protéger des fluctuations des prix des services Cloud qu’elles achètent ou qu’elles vendent, pour améliorer leurs OPEX/CAPEX. A titre d’exemple, dans le domaine de l’énergie, les centrales de production électriques, utilisent les mesures de référence du marché, pour financer leurs projets de construction au coût le plus juste. A l’instar du marché de l’énergie, le cloud computing pourrait ainsi devenir un marché de commodités, en favorisant l’adoption de mesures transparentes d’évaluation, qui seraient bénéfiques tant aux fournisseurs de services qu’aux utilisateurs.

Pour un index de référence du Cloud Computing

Il existe cependant certains pré requis pour faire du cloud un marché de commodité. Il faut d’abord un écosystème dynamique de fournisseurs, capables de s’engager réellement sur de la fourniture de services, dans un modèle pay as you use (paiement à la consommation). C’est déjà le cas pour les grands fournisseurs de cloud. Mais le marché du cloud ne se retreint pas aujourd’hui à ces majors. Il existe une pléthore de nouveaux entrants, de nouveaux challengers (éditeurs, fournisseurs de toutes tailles) qui participent positivement à un marché concurrentiel et qui doivent continuer à s’engager en faveur d’une meilleure transparence tarifaire.

L’autre pré requis pour faire du cloud un marché de commodité, tient à son caractère fongible. Les services cloud doivent non seulement pouvoir être délivrés et provisionnés facilement mais ils se doivent surtout d’être interchangeables d’un fournisseur à l’autre. Pour autant, lorsque l’on essaye de migrer d’un service cloud vers un autre, on se rend compte que cette qualité de fongibilité n’est pas encore acquise. Ces migrations nécessitent des évaluations précises de fonctionnalités, de performance, de prix, de conformité, qui ne sont pas toujours garanties.

Apporter de la transparence au cloud qu’il s’agisse de prix, de qualité de service, d’engagement contractuel, sera bénéfique à tout l’écosystème cloud (fournisseurs, utilisateurs de services, chaine de distribution). Cela permettra aussi de préparer un futur index de référence du cloud computing, qui attirera les nouveaux investissements.

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